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Le patrimoine · Famille

Successions et donations : quand la famille doit partager

Une succession se règle en principe chez le notaire. L'avocat intervient lorsque des questions de droits se posent ou que les héritiers ne s'entendent pas.

Par Carole Manni, avocate au Barreau de ReimsMis à jour : octobre 2026Lecture : 5 min

En bref

  • Les enfants sont héritiers réservataires : une part minimale leur est garantie.
  • Le conjoint survivant a des droits qui varient selon la présence d'enfants communs ou non.
  • Donations et avantages consentis de son vivant peuvent devoir être rapportés ou réduits.
  • En cas de blocage : partage judiciaire, action en réduction, contestation d'un testament.

Qui hérite ?

En l'absence de testament, la loi désigne les héritiers selon un ordre précis. Les enfants, y compris adoptés ou nés hors mariage, héritent à parts égales. Le conjoint survivant (marié, pas pacsé ni concubin) a des droits qui dépendent de la configuration familiale : en présence d'enfants communs, il peut choisir entre l'usufruit de la totalité des biens et la pleine propriété d'un quart. Le partenaire de PACS et le concubin n'héritent que s'il existe un testament en leur faveur.

La réserve héréditaire

Les enfants sont héritiers réservataires : une fraction du patrimoine leur est garantie (la moitié avec un enfant, les deux tiers avec deux, les trois quarts avec trois ou plus). Le reste, la quotité disponible, peut être librement donné ou légué. Un héritier dont la réserve n'est pas respectée peut agir en réduction.

Les sources de conflit les plus fréquentes

  • donations faites de son vivant à l'un des enfants, à rapporter à la succession ;
  • maison familiale occupée par un héritier, indemnité d'occupation ;
  • contestation d'un testament (validité, capacité du défunt, interprétation) ;
  • contrats d'assurance-vie aux primes manifestement exagérées ;
  • blocage du partage par un héritier ou désaccord sur la valeur des biens ;
  • recel successoral : dissimulation de biens ou de donations.

Comment je vous accompagne

J'analyse les actes (testament, donations, déclaration de succession, projet du notaire), je vous explique vos droits et je cherche d'abord une solution négociée avec les autres héritiers et le notaire. Si le blocage persiste, je saisis le tribunal judiciaire pour obtenir le partage judiciaire, la réduction d'une libéralité excessive ou la sanction d'un recel.

Je vous conseille aussi en amont : donation aux enfants, protection du conjoint, organisation d'une famille recomposée, en lien avec votre notaire.

Questions fréquentes

Un héritier peut-il bloquer indéfiniment la vente de la maison familiale ?

Non. Nul ne peut être contraint de rester dans l'indivision. Des mécanismes permettent de vendre avec l'accord des deux tiers des indivisaires, sous contrôle du juge, ou de demander le partage judiciaire.

Mon père a tout donné à mon frère de son vivant, ai-je un recours ?

Peut-être. Si les donations portent atteinte à votre réserve héréditaire, une action en réduction est possible au décès. Les donations doivent aussi, en principe, être rapportées à la succession. Les délais pour agir sont encadrés : consultez rapidement.

Références : Code civil, articles 720 et suivants, 757, 912 à 930-5, 815 et suivants. Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation : chaque situation appelle une analyse particulière.

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